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Traçabilité et transparence : blockchain et nouvelles technologies au service du consommateur exigeant

Traçabilité et transparence : blockchain et nouvelles technologies au service du consommateur exigeant

Traçabilité et transparence : blockchain et nouvelles technologies au service du consommateur exigeant

Labels, allégations, origines, empreinte carbone… En quelques années, la traçabilité est passée du statut de sujet réglementaire à véritable critère d’achat. Pour un nombre croissant de consommateurs, ne pas pouvoir vérifier l’histoire d’un produit est désormais un frein, voire un motif de rejet. Face à cette exigence, enseignes et industriels explorent de nouveaux outils, au premier rang desquels : la blockchain et les technologies de traçabilité augmentée.

Au-delà du buzz, que permettent réellement ces solutions ? Comment les acteurs de la distribution peuvent-ils en tirer un avantage business concret, sans se perdre dans un projet techno de plus ? Et surtout, comment éviter l’écueil d’une « transparence marketing » déconnectée du terrain ?

Un consommateur plus informé… et plus méfiant

Les études convergent : la confiance dans les marques est fragile. Scandales alimentaires, rappels produits mal gérés, greenwashing… Le consommateur a appris à douter, mais aussi à vérifier.

Quelques chiffres clés souvent cités dans les études sectorielles :

Pour la distribution, la question n’est plus seulement « suis-je conforme à la réglementation ? », mais « est-ce que je donne suffisamment de preuves, lisibles, au client pour qu’il ait envie d’acheter chez moi plutôt qu’ailleurs ? ».

C’est là que les nouvelles technologies de traçabilité reconfigurent le jeu.

Blockchain : de quoi parle-t-on vraiment ?

La blockchain est souvent présentée comme une révolution. Dans les faits, pour un retailer, elle est avant tout un outil de registre partagé et infalsifiable. Concrètement :

Ce n’est donc pas une baguette magique. Sans données fiables, la blockchain ne sert à rien. Mais lorsque les flux d’information sont déjà structurés, elle apporte trois atouts majeurs :

Autrement dit, la blockchain ne remplace pas l’ERP, le WMS ou le TMS : elle ajoute une couche de fiabilité et de transparence transverse, là où les systèmes sont souvent en silos.

Au-delà de la blockchain : l’écosystème des technologies de traçabilité

Pour tenir sa promesse, la traçabilité ne peut pas reposer sur un simple registre, même « inviolable ». Elle s’appuie sur un ensemble de briques :

La blockchain vient alors sécuriser l’intégrité d’une partie de ces données, notamment celles issues des partenaires externes. L’enjeu pour les enseignes n’est donc pas de « faire de la blockchain », mais de construire une architecture de traçabilité cohérente de bout en bout.

Agroalimentaire : quand la transparence devient un argument commercial

C’est dans l’alimentaire que les premiers déploiements à grande échelle ont eu lieu. Plusieurs enseignes et industriels ont expérimenté des chaînes de valeur « blockchainisées » sur des segments sensibles : œufs, viande, lait, fruits et légumes, produits bio.

Schéma type observé sur ces projets :

Côté client, un simple scan avec le smartphone donne accès à :

Les retours terrain montrent plusieurs bénéfices :

Mais ces projets mettent aussi en lumière une réalité opérationnelle : la transparence n’est crédible que si la filière est alignée. Là où les relations entre enseigne et fournisseurs sont tendues, le partage de données détaillées se heurte vite à des réticences.

Textile, beauté, électronique : la traçabilité au service de l’éthique et de la durabilité

Au-delà de l’alimentaire, la pression monte sur d’autres catégories. Le consommateur veut savoir :

La combinaison blockchain + étiquettes intelligentes (QR code, NFC) permet, par exemple, de :

Pour les enseignes, ces dispositifs ont plusieurs effets business :

Là encore, la technologie ne règle pas tout. Si les données initiales sont incomplètes ou maquillées, la blockchain ne fera que figer une information fausse. L’enjeu clef reste la qualité du sourcing et la maturité des filières.

Retailers : des bénéfices bien au-delà du marketing

On réduit souvent la transparence à un outil de storytelling. C’est une vision réductrice. Les retours des projets pilotes montrent des impacts opérationnels significatifs :

Côté clients, les enseignes qui ont testé ces dispositifs constatent une forte curiosité au lancement (en particulier quand le scan de code est explicite en rayon), puis une stabilisation : seuls une fraction des acheteurs scannent régulièrement. Mais cette minorité est souvent la plus prescriptrice, la plus active sur les réseaux sociaux et la plus fidèle à la marque.

Les limites et angles morts à ne pas sous-estimer

Entre les promesses des fournisseurs de solutions et la réalité terrain, l’écart peut être important. Quelques points d’attention remontés par les directions supply, IT et métiers :

Le message sous-jacent : ces projets ne devraient pas être pilotés uniquement par l’IT ou l’innovation, mais par un trio métier/supply/IT, avec un sponsor clair côté direction générale.

Comment structurer un projet traçabilité / blockchain dans une enseigne

Pour éviter le « proof of concept qui ne débouche sur rien », quelques bonnes pratiques se dégagent des retours d’expérience :

Sur la partie technologique, plusieurs options coexistent :

Le choix dépendra du niveau de sensibilité des données, du nombre de partenaires à embarquer et de la stratégie de différenciation de l’enseigne.

Traçabilité et transparence : un nouveau territoire de marque

Pour les enseignes de distribution, la transparence n’est plus seulement une obligation défensive. Elle devient un terrain de jeu stratégique :

Mais cette stratégie de transparence suppose une cohérence globale : impossible de vanter la traçabilité fine sur quelques références vitrines tout en restant opaque sur le reste de l’assortiment. Le consommateur ne compartimente pas autant les catégories que ne le font les organisations internes.

Et demain ? De la traçabilité produit à la traçabilité d’usage

Les innovations en cours laissent entrevoir une extension du champ de la traçabilité :

Dans ce scénario, la blockchain et les technologies de traçabilité deviennent une forme d’« infrastructure de confiance » de la distribution. Invisible pour la majorité des clients, mais déterminante pour ceux qui scrutent, comparent, évaluent… et influencent les autres.

La question pour les enseignes n’est donc plus de savoir si ces sujets vont s’imposer, mais à quel rythme elles souhaitent les intégrer et sur quels segments se positionner en pionnières. Les consommateurs, eux, ont déjà pris l’habitude de scanner. Reste à décider ce qu’on leur montre réellement derrière le code.

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