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Robot logistique : comment les nouvelles générations d’automates redessinent les entrepôts des distributeurs

Robot logistique : comment les nouvelles générations d’automates redessinent les entrepôts des distributeurs

Robot logistique : comment les nouvelles générations d’automates redessinent les entrepôts des distributeurs

Robots mobiles qui se faufilent entre les racks, bacs qui montent et descendent en quelques secondes, bras articulés capables de préparer des commandes à l’unité… Les entrepôts des distributeurs n’ont plus grand-chose à voir avec les « cathédrales de palettes » d’hier. En quelques années, une nouvelle génération de robots logistiques est passée du statut de gadget futuriste à celui de véritable levier de performance opérationnelle.

Mais derrière les démonstrateurs spectaculaires des salons professionnels, une question demeure pour les enseignes : quels robots pour quels besoins, avec quels gains réels, et à quelles conditions ?

De la mécanisation à la robotisation intelligente

Les entrepôts des distributeurs n’ont pas attendu 2020 pour s’automatiser. Convoyeurs, trieurs haute cadence, transstockeurs, miniloads… la mécanisation est bien connue des directions logistiques. La rupture récente vient moins de la présence de machines que de leur nature et de leur intelligence.

Trois grandes évolutions caractérisent cette nouvelle génération de robots logistiques :

On passe d’une logique d’infrastructure lourde à une logique de flotte robotique pilotée par logiciel. Le CAPEX se transforme progressivement en OPEX, avec des modèles « Robots as a Service » qui séduisent les distributeurs en quête de flexibilité.

Pourquoi les distributeurs accélèrent sur la robotisation

Si les projets se multiplient dans la grande distribution, le non-alimentaire et le e-commerce, ce n’est pas par goût de la technologie, mais sous l’effet d’un faisceau de contraintes très opérationnelles :

Autrement dit, le robot n’est pas une fin en soi : il devient un outil parmi d’autres pour rendre le modèle logistique compatible avec les attentes du client final… et les contraintes économiques de l’enseigne.

Les principaux cas d’usage dans les entrepôts de la distribution

L’univers des robots logistiques est large. Côté distributeurs, quelques cas d’usage ressortent nettement par leur maturité et leur retour sur investissement.

Préparation de commandes « goods-to-person »

C’est aujourd’hui le cœur des projets. Le principe : ce ne sont plus les opérateurs qui se déplacent vers les produits, ce sont les bacs qui viennent à eux.

Des solutions comme AutoStore, Exotec, Ocado, Geek+ ou Dematic permettent :

Des enseignes alimentaires comme Carrefour ou Système U, mais aussi des spécialistes non-al comme Decathlon, Cdiscount ou Fnac Darty ont déjà déployé ces systèmes sur leurs plateformes e-commerce ou omnicanales, avec des gains visibles sur la productivité de préparation et la fiabilité des livraisons.

Robots mobiles autonomes pour le transport interne

Les AMR s’imposent progressivement comme le « chariot élévateur 2.0 » dans les entrepôts. Ils assurent par exemple :

Leur avantage clé : une installation plus simple que les AGV traditionnels, sans marquage au sol lourd ni infrastructure dédiée. Les robots s’adaptent au plan de circulation existant, et peuvent être reconfigurés si l’organisation de l’entrepôt évolue, ce qui colle bien aux réalités mouvantes des réseaux logistiques de la distribution.

Robots de tri et de consolidation

Autre usage en forte croissance : le tri automatisé à base de petits robots, particulièrement utile pour :

Pour un réseau de plusieurs centaines de points de vente, automatiser le tri permet de fiabiliser la constitution des lots magasins, de limiter les erreurs d’acheminement et de gagner en visibilité sur l’avancement des préparations.

Robots d’inventaire et contrôle des stocks

Plus discrets mais tout aussi structurants, les robots d’inventaire (au sol ou montés sur drones) réalisent des relevés de stocks automatisés en dehors des heures de production :

Pour les distributeurs, la promesse est claire : réduire le temps passé aux inventaires, détecter plus tôt les écarts, mieux fiabiliser les réapprovisionnements magasins… tout en limitant les arrêts de production liés aux inventaires annuels.

Quel impact sur le design des entrepôts ?

Robotiser un entrepôt, ce n’est pas seulement ajouter des machines dans un bâtiment existant. C’est repenser en profondeur son architecture physique et ses flux.

On observe notamment :

Dans certains cas, la robotisation peut se faire « en douceur » sur une plateforme existante, via des systèmes modulaires ajoutés par zones. Dans d’autres (méga plateformes e-commerce, hubs régionaux), c’est la conception même du bâtiment qui est revue dès l’amont pour optimiser l’intégration robotique.

Les vrais gains… et les angles morts

Les fournisseurs de robots avancent souvent des gains spectaculaires : productivité multipliée par 3, surfaces divisées par 2, temps de cycle réduits de moitié. Ces chiffres sont parfois atteints, mais sous conditions. Côté enseignes, les retours d’expérience font ressortir des bénéfices plus nuancés, mais bien réels.

Les principaux gains constatés :

Mais certains « angles morts » doivent être anticipés :

La question clé n’est donc pas « le robot est-il performant ? », mais « le système global, organisation + process + IT + robots, est-il plus performant et plus résilient que la situation actuelle ? ».

Robotisation et emploi : vers de nouveaux métiers logistiques

Le sujet est sensible : robotiser, est-ce supprimer des emplois ? Les retours du terrain dans la distribution montrent une réalité plus nuancée.

Dans la plupart des projets, on observe plutôt :

Pour les directions d’entrepôts, un enjeu central est la conduite du changement :

La capacité de l’entrepôt à tirer parti de la robotisation dépendra autant de la technologie choisie que de la qualité de cet accompagnement humain.

Comment démarrer un projet de robotisation logistique

Face à la profusion de solutions et de discours commerciaux, comment une direction supply chain ou logistique peut-elle structurer sa démarche ? Quelques bonnes pratiques ressortent des projets déjà menés :

Les enseignes les plus avancées construisent désormais de véritables « roadmaps automatisation » à l’échelle du réseau, en combinant différents niveaux de robotisation selon le rôle de chaque plateforme (hub national, entrepôt régional, base urbaine, dark store, etc.).

Ce qu’il faut retenir pour les distributeurs

La robotisation des entrepôts n’est plus un sujet d’avant-garde. Elle devient progressivement un standard de compétitivité, au même titre que le WMS il y a quelques années. Pour autant, le passage au robot ne se résume ni à un catalogue de machines, ni à une course à la technologie la plus spectaculaire.

Pour les distributeurs, les bonnes questions à se poser pourraient être formulées ainsi :

Les nouvelles générations de robots logistiques offrent aujourd’hui un éventail de réponses crédibles à ces enjeux, avec des technologies plus matures, plus modulaires et mieux adaptées aux contraintes du retail. Reste à chaque enseigne à les intégrer dans une vision globale de sa supply chain, en gardant comme boussole non pas le robot lui-même, mais la promesse faite au client final et la performance durable du modèle opérationnel.

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